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Brouillon : cette fiche est un document de travail du GT AIR, publié en transparence avant validation. Son contenu peut évoluer. Dernière mise à jour : 2026-08-28.

I3 — Arbitrer résilience et sobriété

Public cible. Architectes, équipes d'exploitation, ingénieurs de fiabilité (SRE), RSSI, responsables des plans de continuité et de reprise, direction technique.

Objectif

Définir un niveau de résilience adapté à la criticité de chaque service. Réduire les points de défaillance techniques, humains et fournisseurs, puis vérifier que les dispositifs de continuité et de reprise fonctionnent avec les moyens prévus.

Contexte et enjeux

La résilience permet à un service de continuer à fonctionner, éventuellement en mode dégradé, puis de revenir à une situation normale après un incident. Le niveau attendu dépend des conséquences d'une interruption : sécurité des personnes, obligations réglementaires, pertes financières, atteinte aux données ou gêne pour les utilisateurs.

La redondance réduit certains risques, mais elle mobilise du calcul, du stockage, du réseau et des équipements supplémentaires. Elle augmente aussi le nombre de composants à exploiter et à tester. L'organisation doit donc comparer le risque couvert aux coûts économiques et environnementaux de chaque scénario.

La résilience ne repose pas uniquement sur l'infrastructure. Une dépendance non maintenue, une procédure inconnue de l'équipe, une sauvegarde impossible à restaurer ou un fournisseur irremplaçable peuvent interrompre un service pourtant redondé. L'analyse doit couvrir ces fragilités et les hypothèses d'approvisionnement en matériel ou en capacité cloud.

Voir le guide.

Étapes de mise en œuvre

  1. Classer les services selon leur criticité. Évaluer les conséquences d'une interruption avec les métiers, la sécurité et la conformité. Recenser les dépendances nécessaires au fonctionnement de chaque service, y compris les fournisseurs et les échanges décrits dans C4.

  2. Définir les objectifs de continuité et de reprise. Pour chaque service, préciser la disponibilité attendue sur une période définie et avec une méthode de mesure convenue, le mode dégradé acceptable, le délai cible de rétablissement du service (RTO) et l'ancienneté maximale admissible des données restaurées, exprimée en durée (RPO). Faire valider ces objectifs par le responsable métier et les réexaminer après tout changement important.

  3. Comparer plusieurs scénarios d'architecture. Étudier des scénarios adaptés au service, dont une option sans redondance permanente lorsqu'elle reste compatible avec le risque. Pour chacun, documenter les risques couverts, les risques résiduels, le délai de reprise, les compétences requises et les ressources mobilisées. Expliquer pourquoi les options écartées ne conviennent pas. Évaluer les coûts et l'empreinte avec I1 avant de choisir.

  4. Traiter les points de défaillance non matériels. Repérer les composants qui ne sont plus maintenus ou ne disposent pas de solution de remplacement. Identifier les procédures connues d'une seule personne, les fournisseurs difficiles à remplacer et les hypothèses d'approvisionnement fragiles. Prévoir une action, un responsable et une échéance pour chaque risque significatif.

  5. Préparer et tester les modes de fonctionnement. Documenter les procédures de bascule, de fonctionnement dégradé, de restauration et de retour à la normale. Tester les sauvegardes sur un environnement isolé et organiser des exercices adaptés au risque. L'ingénierie du chaos peut compléter ces exercices lorsque l'équipe maîtrise l'outil et les conséquences des perturbations injectées. Pour chaque exercice, définir à l'avance le scénario, le périmètre, les critères de succès, les rôles, les critères d'arrêt et les preuves à conserver. Vérifier le service rendu, l'intégrité et la cohérence des données, le RTO, le RPO et le retour à la normale.

  6. Mesurer les résultats et corriger les écarts. Comparer le délai de rétablissement observé au RTO et le point de reprise effectivement restauré au RPO. Analyser les échecs, suivre les actions correctives et répéter le test. Une disponibilité supérieure à l'objectif ne suffit pas à réduire la redondance : toute modification exige une nouvelle analyse de risque et un test du scénario retenu.

  7. Réexaminer périodiquement les choix. Revoir la criticité, les objectifs et l'architecture après un incident, un changement de fournisseur ou une évolution importante du service. Supprimer les composants et les capacités devenus inutiles lorsque les tests confirment que le niveau de résilience reste conforme au besoin.

Indicateurs et objectifs

  • KPI : part des services critiques dotés d'objectifs validés ; part des sauvegardes critiques restaurées avec succès ; part des exercices qui respectent le RTO et le RPO ; nombre de points de défaillance sans plan de traitement ; taux de réalisation des actions correctives dans le délai prévu ; capacité de calcul, stockage, trafic réseau, équipements, coût et, lorsque cela peut être mesuré, empreinte environnementale consacrés à la redondance, par service et par rapport à une architecture de référence.
  • OKR 1 : documenter et faire valider les objectifs de continuité et de reprise de 100 % des services critiques avant la date convenue avec le commanditaire.
  • OKR 2 : tester chaque année, selon un scénario documenté, la reprise de 100 % des services critiques et suivre jusqu'à leur clôture les actions correctives issues des exercices.

Pièges à éviter

  • Appliquer le même niveau de résilience à tous les services sans analyser leur criticité.
  • Confondre le nombre de copies avec la capacité à reprendre le service.
  • Définir un RTO ou un RPO sans vérifier que l'architecture peut le respecter.
  • Tester la bascule sans tester la restauration des données et le retour à la normale.
  • Ignorer les dépendances humaines, logicielles et fournisseurs.
  • Organiser un exercice susceptible d'affecter la production sans périmètre, critères d'arrêt ni procédure de retour arrière.
  • Réduire une capacité sur la seule base de la disponibilité passée.

Outils et ressources

🟢 = outil open source ; les outils sans pastille ne le sont pas (ou partiellement).

Cette sélection ne retient que les outils mobilisables sur ce chantier. Le catalogue complet de l'INR (355 ressources classées en 15 thèmes, liens vérifiés) tient la référence à jour : Boîte à outils du Numérique Responsable.

Catégorie Outil / Ressource Usage Lien
Vérification 🟢 Chaos Toolkit Exercices d'injection de panne automatisés https://www.chaostoolkit.org/
Vérification 🟢 LitmusChaos Ingénierie du chaos sur Kubernetes https://litmuschaos.io/
Obsolescence 🟢 CNCF Landscape Maturité et activité des briques du socle https://landscape.cncf.io
Observabilité 🟢 Prometheus + Grafana Disponibilité constatée par service https://grafana.com
Empreinte 🟢 DataVizta (Boavizta) Coût environnemental du matériel de redondance https://dataviz.boavizta.org/
Coût 🟢 OpenCost Coût de la redondance par service https://www.opencost.io/
Cadre NIS2 Exigences européennes de cybersécurité et de continuité pour les entités concernées https://eur-lex.europa.eu/eli/dir/2022/2555/oj?locale=fr
Cadre DORA Résilience opérationnelle numérique du secteur financier https://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2022/2554/oj?locale=fr
Référentiel 🟢 GR491 (INR) Critères de durabilité et de robustesse https://gr491.isit-europe.org/

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