Introduction¶
L'empreinte environnementale du numérique ne peut plus être ignorée. Elle consomme environ 10 % de l'électricité mondiale et environ 4 % de l'énergie primaire, et génère environ 4 % des émissions de gaz à effet de serre dues à l'homme (Source : The Shift Project, 2021 et 2023b). Elle a également de nombreux autres impacts sociaux et environnementaux, tels que l'épuisement des ressources abiotiques (en particulier les ressources minérales), l'acidification des sols et différents types d'écotoxicités, qui ne respectent pas les limites planétaires.
Pour une entreprise du numérique ou pour le département informatique d'une organisation d'un autre domaine d'activités, une grande partie de son empreinte environnementale est due à la fabrication de ses équipements informatiques (ordinateurs, smartphones, serveurs, routeurs, etc.) et plus particulièrement à l'extraction (mines ou exploitations minières) des matières premières nécessaires à la fabrication des équipements.
De nombreuses grandes entreprises se sont engagées à réduire leur empreinte sociétale et environnementale, et notamment leurs émissions de gaz à effet de serre, conformément à l'Accord de Paris. Cela signifie qu'elles s'engagent à réduire drastiquement leurs émissions, de 5 à 6 % chaque année jusqu'en 2050. Cette réduction concerne non seulement les émissions liées à la consommation d'énergie (Scopes 1 et 2 du GHG Protocol) mais aussi les émissions de la chaîne de valeur (Scope 3). Les émissions du scope 3 peuvent représenter 80 % de l'empreinte globale d'une entreprise ou de son département informatique. Par conséquent, pour réduire cette empreinte, l'entreprise doit impliquer et influencer ses parties prenantes.
Ce référentiel prend également en compte la dimension sociale, sous la forme des trois piliers de la soutenabilité tels que définis par les Nations unies : People, Planet, Prosperity. Ceci est en corrélation avec les deux niveaux de labellisation proposés par l'Institut du Numérique Responsable (INR). La dimension éthique est de plus en plus prise en compte, notamment avec le développement de l'intelligence artificielle.
De nombreuses entreprises ont recours à des labels - tels qu'Ecovadis - pour évaluer le niveau de soutenabilité de leurs fournisseurs. Malheureusement, ce label n'inclut aucune exigence spécifique relative à l'industrie des technologies de l'information et à ses impacts. L'objectif de ce document est de proposer un nouveau questionnaire spécifique au numérique responsable, et non à la soutenabilité en général, qui permette d'évaluer la maturité des fournisseurs et des autres parties prenantes.
Une question systémique, telle que l'empreinte du numérique, nécessite une approche systémique spécifique.
Ce document est le résultat de 15 réunions de 2 heures, avec différents spécialistes et experts en numérique responsable, débuté en janvier 2024 et terminé en décembre 2024.